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La France exclut un confinement en cas de deuxième vague de Covid-19 selon son nouveau 1er ministre

La France exclut un confinement en cas de deuxième vague de Covid-19 selon son nouveau 1er ministre

Le gouvernement français a déclaré mercredi qu’il se préparait à une éventuelle augmentation des cas de coronavirus dans les mois à venir, mais qu’il ne répondrait à aucune nouvelle épidémie par un nouveau blocage national.

« Mon objectif est de préparer la France à une éventuelle deuxième vague tout en préservant notre vie quotidienne, notre vie économique et sociale mais nous n’allons pas imposer un verrouillage comme celui que nous avons fait en mars dernier, car nous avons appris… que les conséquences économiques et humaines d’un verrouillage total sont désastreuses »,  a déclaré le nouveau Premier ministre Jean Castex dans une interview sur RTL. « 

Au lieu de cela, toute fermeture d’entreprise ou commande de service à domicile serait « ciblée » sur des domaines spécifiques, a-t-il dit.

« Le coronavirus est toujours là », a prévenu M. Castex, ajoutant qu’il se rendrait dimanche en Guyane française, territoire sud-américain de la France, qui est en proie à une recrudescence de cas. Les autorités ont signalé 124 nouveaux cas sur le territoire mardi, ce qui porte le total à près de 5 200, et le gouvernement a envoyé des dizaines de travailleurs de la santé du continent ainsi qu’un hôpital de campagne.

Un impact saisonnier inconnu du Covid-19

Le responsable de l’Agence française de santé publique, Jérôme Salomon, a déclaré que les autorités anticipaient une seconde vague de cas de Covid-19 « cet automne ou cet hiver », selon un impact saisonnier qui reste incertain.

« Ce qu’il faut comprendre, c’est que la reprise de l’épidémie dépendra essentiellement de notre comportement », a-t-il déclaré dans une interview au Figaro.

Alors même que des millions de personnes se préparent à se détendre pendant les vacances d’été, M. Salomon a insisté sur la poursuite de la distanciation sociale et l’utilisation de masques faciaux, « en particulier dans les lieux très fréquentés et à l’intérieur ».

Le 11 mai, la France a mis fin à deux mois d’isolement. Dans un discours prononcé le 28 avril, le prédécesseur de Castex, Édouard Philippe, a souligné que « nous devrons vivre avec le virus », en exposant les principes qui sous-tendent les actions du gouvernement. Il a salué le verrouillage en citant une étude suggérant que le confinement a permis d’éviter « 70 000 décès » en France, ajoutant que ses « effets positifs l’emportaient sur ses effets négatifs ».

Mais il a fait valoir qu’un « enfermement prolongé » aurait « des répercussions négatives », notamment « des enfants qui ne vont pas à l’école », un « manque de visites » entre la famille et les amis, et un « manque d’investissement ». Tout cela met l’économie en danger de « s’effondrer », a déclaré Philippe.

En tant que fonctionnaire chargé d’assouplir la politique de fermeture de la France à l’époque, Castex semblait avoir un point de vue quelque peu différent sur les nouvelles mesures d’enfermement. Dans un rapport publié le 11 mai, il a fait valoir que la France devrait envisager la « possibilité de repenser d’urgence » en cas de recrudescence des cas.

 

Protéger la population Française

Castex a été nommé la semaine dernière par le président Emmanuel Macron à la tête d’un nouveau gouvernement chargé d’orchestrer la reprise du pays après la pire crise sanitaire et économique qu’il ait connue depuis la Seconde Guerre mondiale.

Des milliards d’euros ont été promis pour des investissements ainsi que des mesures visant à limiter les pertes d’emplois dans une économie qui devrait se contracter de plus de 10 % cette année.

« Nous allons protéger les gens, mais surtout nous allons investir dans la transformation écologique, dans le redressement de notre pays », a déclaré M. Castex.

 

Des mesures économiques pour atténuer la récession en France

Il a également confirmé qu’il avait augmenté une proposition d’augmentation des salaires et des augmentations budgétaires pour le personnel hospitalier d’environ 1 milliard d’euros lors des négociations avec les syndicats cette semaine, ce qui porte le total à 7,5 milliards d’euros (8,5 milliards de dollars).

Mais les dirigeants syndicaux affirment que cela n’augmenterait le salaire mensuel des infirmières, des techniciens et des autres personnes en première ligne de la lutte contre les coronavirus que de 180 euros par mois, loin des demandes d’augmentation de 300 euros.

L’épidémie a tué près de 30 000 personnes en France depuis que les premiers cas ont été signalés en janvier.

Certains détracteurs de la stratégie actuelle de Castex pour contenir le Covid-19 soutiennent qu’un confinement prolongé aidera l’économie à long terme et sauvera des vies. Une étude du Massachusetts Institute of Technology publiée le 31 mars a montré que lors de la dernière pandémie à avoir frappé le monde, la grippe espagnole de 1918-1919, les villes américaines où l’enfermement et la distanciation sociale ont duré le plus longtemps ont obtenu de meilleurs résultats économiques dans l’ensemble, une fois la maladie terminée.