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Deuxième vague de Covid-19 en France ?

Deuxième vague de Covid-19 en France ?

Les autorités sanitaires françaises ont averti à plusieurs reprises d’une « deuxième vague » de l’épidémie de Covid-19, et le ministre de la santé a qualifié la propagation actuelle du virus de « préoccupante ». Examinons ce que montrent les dernières données.

Agence nationale de santé publique suit certains indicateurs dans tout le pays et recoupe ceux qui ont été signalés avec les nouveaux cas pour vérifier l’état du virus dans toute la France.

Le 20 juillet, le ministre de la santé Olivier Véran a déclaré que « l’épidémie redémarrait dans certaines zones » en France et qu' »il y a une dynamique de propagation du virus qui nous inquiète » – mais il a ajouté que « nous sommes très loin d’une « deuxième vague » ».

 

Cependant, des rapports contradictoires ont été publiés sur la probabilité réelle d’une seconde vague.

2ème vague, le nombre de cas augmente

C’est le nombre de personnes infectées, sur 100 000 habitants, en une semaine. Le ministère de la santé définit deux seuils – les niveaux d’alerte sont relevés si plus de 10 personnes sur 100 000 sont infectées. Si ce nombre dépasse 50, un état d’alerte est émis.

Celui-ci est calculé à l’aide des tests PCR Covid-19, et croisé avec le nombre de tests positifs par rapport au nombre total de tests effectués.

Ce que montrent les dernières données du coronavirus en France

Dans toute la France métropolitaine, les niveaux sont en hausse. Au cours de la semaine précédant le 12 juillet, ils sont passés de 3,9 à 4,3. À cette date, un département métropolitain avait atteint le niveau d’alerte : la Seine-Saint-Denis (Ile-de-France), ainsi que le département d’outre-mer de Mayotte, à 17,89.

D’autres départements étaient proches : Paris, Ile-de-France (9,87) et Nord, Hauts-de-France (9,15). Les niveaux d’alerte étaient très élevés dans le département d’outre-mer de la Guyane française (321,3), et ont récemment dépassé le seuil d’alerte en Mayenne, Pays de la Loire (52,72).

Pourquoi devrions-nous aborder la question de la 2ème vague avec prudence

Le nombre de cas a une limite majeure. En effet il dépend de la région dans laquelle les personnes sont testées et du nombre de tests effectués. Plus les autorités sanitaires effectuent de tests, plus les nouveaux cas sont nombreux et plus le nombre de cas augmente, sans que la situation soit nécessairement plus alarmante dans la vie réelle.

Les tests peuvent également varier considérablement d’une région à l’autre.

L’augmentation du niveau « R », un indice de deuxième vague ?

Le niveau « R » Cela représente le nombre de personnes qu’une personne infectée va elle-même infecter. Un niveau « R » de 2,2 signifie par exemple que 10 personnes malades infecteraient en moyenne 22 autres personnes. Lorsque le nombre « R » est inférieur à 1, cela signifie que l’épidémie recule. Si elle dépasse ce chiffre, elle se propage.

L’agence nationale de santé publique a déclaré que le niveau R permet d’analyser la manière dont le virus se propage, dans le contexte d’une épidémie. Dans une période de faible propagation, le niveau R est plutôt un indicateur d’alerte, nous permettant d’identifier une situation inhabituelle ».

Selon les chiffres du 13 juillet, le niveau R est passé à plus de 1,5 dans certaines régions de France, dont Provence-Alpes-Côte d’Azur (1,55), mais surtout en Bretagne, où il a atteint 2,62, en forte hausse par rapport à 1,07 la semaine précédente.

Dans le département d’outre-mer de La Réunion, il est à 2,26. Dans l’ensemble de la France, il est inférieur à 1 dans trois régions, et de 1 à 1,5 dans six autres.

L’agence nationale de santé publique explique : « La valeur R peut augmenter sans que ce soit nécessairement un signe d’augmentation du virus ».

Par exemple, la découverte d’un foyer dans une zone locale particulière, qui est suivie et contenue, peut entraîner un plus grand nombre de tests positifs pour cette région, sans qu’il y ait nécessairement une plus grande propagation.

C’est ce qui s’est passé en Bretagne, où le niveau R a augmenté après de nombreux autres tests positifs qui étaient tous liés à plusieurs foyers spécifiques.

De même, le niveau R est un calcul qui tente de modéliser et de simplifier ce qui peut parfois être un comportement humain complexe. Il peut s’agir d’une simplification excessive et ne reflète parfois pas la réalité, c’est pourquoi il doit être considéré avec d’autres données.

SOS Médecins constate une légère augmentation

Depuis début mars, le réseau SOS Médecins suit le nombre d’appels liés à des cas suspects de Covid-19 signalés chaque jour par leurs médecins. Cela offre une source supplémentaire d’informations médicales, distincte des cabinets de médecins généralistes et des hôpitaux.

Pour la semaine du 6 au 12 juillet, ce chiffre était en hausse pour la troisième semaine consécutive, a déclaré l’agence nationale de santé publique. Cette hausse a été constatée dans toutes les tranches d’âge et dans toutes les régions de France métropolitaine. Un pic a été enregistré le 14 juillet, avec 576 interventions, avec une légère baisse les jours suivants.

Les interventions sur les cas suspects de Covid-19 ne montrent qu’une partie d’un éventuel « retour » de l’épidémie. Ces chiffres doivent être croisés avec les données des hôpitaux pour obtenir une image complète.

 

Les nouvelles hospitalisations ne bougent pas beaucoup

Une véritable « deuxième vague » serait rapidement visible dans les hôpitaux du pays. L’augmentation des hospitalisations et les nouvelles admissions en soins intensifs sont des indicateurs majeurs qui pourraient indiquer un redémarrage de l’épidémie.

Au niveau national, le nombre d’hospitalisations n’augmente pas. Les dernières données hebdomadaires l’évaluent à 606, contre 646 la semaine précédente. Pourtant, le nombre de personnes admises aux soins intensifs est en légère augmentation : 78 la semaine dernière contre 73 la semaine précédente.

En France métropolitaine – hors Mayotte et Guyane – ces chiffres sont stables, pour l’instant.

Alors deuxième vague ou pas en France ?

La stabilité récente des chiffres ne suffit pas à prouver « l’absence » d’une deuxième vague. Si elle se produit, il est probable qu’elle se traduise d’abord par une augmentation du nombre de tests positifs, suivie par des données hospitalières.

 

Restez prudents et appliquez les gestes barrière.